CATALPA

bureaux: L'USINE VIVANTE, 24 avenue Adrien Fayolle 26400 CREST

siège social: Graines de SOL, SCIC SAS à capital variable,

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Directeur de la publication : Samuel Bonnefoi - 0662845138

Crédit photo : Samuel Bonnefoi et Laurence Bosc

Villages Vivants : s’appuyer sur le collectif pour faire sourire les centre-villes et villages.

11% c’est aujourd’hui en France, le taux de vacance commerciale sur l’ensemble des villes et cette donnée ne va pas en diminuant. Créé il y a deux ans, Villages Vivants est une entreprise coopérative qui a pour objectif de redynamiser les centres-villes et villages en proposant un nouveau modèle d’immobilier commercial. Catalpa a eu le plaisir d’interviewer Valérie Dumesny co-gérante de Villages Vivants. Nous avons ici voulu en savoir plus sur la démarche de Villages Vivants mais surtout comprendre en quoi le collectif est non seulement une force dans un projet mais également la clé de voûte d’une transformation sociale complète et durable. 

 

En introduction vous pouvez retrouver ce reportage vidéo réalisé par France 2 : 

 

Valérie, pouvez-vous nous expliquer Villages Vivants en une phrase ?

“ Villages Vivants est une entreprise coopérative qui contribue à la redynamisation des villes et des villages en agissant sur l’immobilier commercial et le phénomène des boutiques vacantes en centre-ville. Notre ambition : ré-ouvrir des boutiques avec les habitants et les acteurs locaux dans les villes et villages pour installer des projets utiles aux territoires ”.

 

Quand a été créée Villages Vivants ?

“ Villages Vivants a été créé il y a deux ans. D’abord sous forme d’association puis depuis un an sous forme de SCIC (Société Coopérative d'Intérêt Collectif qui achète les biens immobiliers, les rénove puis les loue aux porteurs de projets). Nous sommes en cours d'achat de quatre locaux : deux dans la Drôme, un en Ardèche pour l'installation d'une auberge coopérative et un dans l'Ain pour l’ouverture d’une librairie collaborative dans l’Ain “. 

 

Quelle est l’équipe derrière Villages Vivants ?

“ Derrière Villages Vivants, il y a 3 co-gérants, Sylvain, Raphaël et moi-même ainsi que 2 salariées, Marie et Anne-Sophie. Parmi les co-gérants, nous avons tous les trois évolué auparavant dans le secteur coopératif et associatif et avons ainsi mis nos compétences et expertises en commun. Sylvain, qui est un ami de longue date, est responsable du pôle Création d’entreprise et finance solidaire. Il accompagne les porteurs de projets. Raphaël qui nous a rejoint ensuite est responsable de la partie immobilier coopératif. Et, pour ma part, Valérie, je suis en charge de la mobilisation des centre-villes et vie coopérative. Aujourd’hui Marie et Anne-Sophie nous accompagnent, respectivement sur la partie communication et administrative et financière  de Villages Vivants ”.

 

 

 

Comment s’est créé l’idée autour de Villages Vivants ?

“Villages Vivants est à la croisée de nos expériences professionnelles et personnelles. Il correspond à une sorte de révolte intérieure avec une prise de conscience également durant nos expériences professionnelles. Sylvain, Raphaël et moi même sommes tous revenus petit à petit à la campagne après avoir travaillé pendant plusieurs années dans des plus grandes villes, en France comme à l'étranger parce que c'est indéniable : il y a un abandon des villages alors même qu’ils offrent une qualité de vie prisée par bon nombre d’entre nous.

Nous avons établi un diagnostic macro sur un état des centre-villes en France afin de mieux comprendre les causes et les conséquences du phénomène de désertification. En parallèle de la proposition « Villages Vivants », nous avons confronté notre regard et nos réflexions auprès des acteurs des centres-villes afin de créer une structure correspondant aux besoins des usagers des cœurs de villes. Nous nous sommes alors rapidement rendus compte du manque de solutions pour s'attaquer aux locaux vacants. En parallèle, force est de constater que beaucoup de porteurs de projets ont de véritables projets innovants mais butent devant l'investissement immobilier qui vient « plomber » leur modèle économique. Nous avons alors eu pour objectif de travailler un outil  permettant de lever les contraintes immobilières pour les porteurs de projets afin de créer du lien social et du mieux-vivre ensemble grâce au développement d’activités utiles au territoire ”.

 

Comment s’articule la mission de Villages Vivants ?

“ L’objectif de Villages Vivants est de lutter contre la désertification des centres de villes et villages. Pour cela, nous agissons sur 3 leviers. Tout d’abord l’immobilier : nous rachetons les boutiques vides, les rénovons, les louons à des loyers progressifs pour installer des activités utiles aux territoire. Ensuite, nous accompagnons les porteurs de projets afin qu'ils bénéficient d'une expertise à la fois en terme de réseaux mais aussi en terme de métiers, grâce à notre implication dans l'éco-système de l'accompagnement des porteurs de projets. Enfin, les habitants : nous les encourageons à  se mobiliser via l'investissement participatif dans une boutique mais aussi par la participation à des actions type embellissement de locaux vacants, micro-trottoir ou balade urbaine afin de travailler son rapport au centre-ville”. 

 

Village Vivants peut-il être appréhendé comme un outil participatif à disposition des citoyens pour dynamiser leurs centre-villes ? 

“En effet. Villages Vivants permet de remettre le citoyen au cœur de la redynamisation des cœurs de ville. Plus globalement, à travers le développement de comités de gouvernance lors de nos actions de terrain, nous amenons l'ensemble des acteurs du centre-ville à travailler ensemble et à chercher, collectivement et chacun avec ses compétences, des solutions pour redonner vie à son village. Les habitants, les commerçants, les cédants, les mairies et communautés de communes, les partenaires financiers… Tout le monde converge vers “ comment faire pour éviter la fin du centre-ville ?” Villages Vivants est une sorte d’outil participatif et solidaire en place pour insuffler un nouveau rapport  au centre-ville ”. 

 

 

Où se place la dimension participative et collaborative au sein de Villages Vivants ? 

“Tout d’abord, au niveau interne. La structure relève de d’économie sociale et solidaire. Il s’agit donc de travailler correctement ensemble, de coopérer, de décider sur un socle de valeurs communes et dans le respect de la différence de nos compétences et points de vue. Il n’y a pas de statut privilégié au sein de Villages Vivants. Le management est horizontal et le collectif est très important pour nous. En ce sens, nous veillons à ce que les décisions soient partagées et qu’il y ait un bien-être commun dans le travail. Nous travaillons de plus en plus en binôme pour ainsi associer les métiers et mélanger les compétences à la fois terrain et théorie. Nous veillons à ce qu’il y ait des passerelles et à ce que le terrain nourrissent la théorie et vice et versa.. 

 

Ensuite, au niveau externe. Dans notre démarche, nous faisons appel à des investisseurs institutionnels mais également à la population avec des levées de fond. Chaque associé est un ambassadeur de la structure et les investisseurs sont associés tout au long de l’année. En terme de processus, parfois nous commençons par identifier un bien, une boutique puis nous lançons un appel à porteur de projets. Mais cela peut aussi être des entrepreneurs, des porteurs de projets qui viennent à nous. Nous allons alors avec eux étudier la possibilité d'acheter le local et venons les accompagner sur le lien à leur collectivité et aux structures d'accompagnement à la création d'activités. 

Par ailleurs, dans le cadre de l'accompagnement des porteurs de projets qui viendront s'installer dans les boutiques Villages Vivants, nous mobilisons les acteurs de l'accompagnement au niveau local. Et puis, il y a le travail également réalisé avec les experts métiers comme par exemple les épiceries en circuit court (GRAP **) qui viennent accompagner et étudier la faisabilité d’un projet. La validation du porteur de projet sera ainsi éclairé des expertises métiers et locales. Intervient également à cette étape le comité d'experts Villages Vivants. 

 

Enfin, il y a toute la partie participative et sociale avec les habitants, les commerçants, les artistes et les entrepreneurs. Les initiatives sociales poussent un peu partout et sont une force pour créer du lien. Nous avons aussi pour objectif de dynamiser les coeurs du village en valorisant les citoyens engagés. Cela peut par exemple passer par la valorisation des vitrines vides et du linéaire commerçant : mobilier urbain participatif, dessins d’enfants des écoles, végétalisation, expositions photos…”.

 

*CAE : Coopérative d’activités et d’emploi. 

** GRAP : Groupement Régional Alimentaire de Proximité. 

 

 

Quels sont les projets à venir pour Villages Vivants ?

“Nous avons aujourd’hui pour ambition de diffuser la méthode et la vision de Villages Vivants et développer son modèle d’immobilier commercial participatif et solidaire sur le territoire national en rouvrant un maximum de boutiques dans toute la France !”. 

 

Quelle est selon toi la force du participatif et du collectif pour mener à bien un projet ?

“Je ne sais plus qui a dit cette phrase “seul on va vite, ensemble on va plus loin”, mais je la trouve particulièrement juste. Selon moi, on ne peut pas faire autrement que d’avancer aujourd’hui à plusieurs. La force du collectif réside dans le lien social et le “vivre ensemble” qu’il permet et qui perdure au delà des résultats du projet. Le collectif et le participatif sont à la croisée de la rencontre humaine et de l’avancée individuelle : au-delà des résultats ce sont ces rencontres qui resteront dans les coeurs et qui permettront de faire perdurer les projets“.

 

Villages Vivants et Catalpa oeuvrent chacun à leur façon pour des villages et des territoires agréables à vivre. En ce sens, qu’est-ce que la notion de “réconciliation paysagère” t’inspire ?

“La réconciliation paysagère m’inspire la beauté et l’esthétisme, quelque chose de joli et d’agréable à vivre et à voir. De l’urbanisme à la végétalisation des villes, il y a une expérience du bien être qui est proposée. Une ville, elle vit parce qu’elle est belle. “. - Catalpa rebondit sur cette inspiration pertinente et se permet le partage de sa réciproque : une ville devient-elle belle aussi parce-qu’elle revit ?... A méditer ! 


 

 

 

Catalpa remercie chaleureusement Valérie Dumesny pour sa disponibilité et sa gentillesse. Vous pouvez en savoir plus sur le projet Villages Vivants, en vous rendant sur la page suivante : https://villagesvivants.com/ // Facebook : https://www.facebook.com/villagesvivantscrest/

 

Lien vers la visio-rendez-vous, jeudi de 18h à 20h 
Vous souhaitez en savoir plus sur Villages Vivants ? Vous souhaitez agir pour votre village mais vous ne savez pas par quoi commencer ? Connectez-vous et parlez-en avec Valérie Dumesny ! Le 25.04 à 18h : cliquez ici : https://zoom.us/j/347730573

 

 

 

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